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Décoration d'intérieur

L'engouement des Français pour la décoration d'intérieur ne se dément pas. Sur un marché qui pèse près de 6 millions d'euros, les boutiques spécialisées, pour assurer leur pérennité, doivent miser sur un créneau original et une diversification de leurs produits.

Décoration d’intérieur

© Marc Loiseau

La tendance est au « hiving » (dérivé de l'anglais hive pour ruche). Entendez par là une maison ouverte sur l'extérieur où amis et famille ont leur place et sont les bienvenus. Cet engouement a conforté les Français dans leur désir d'améliorer davantage leur cadre de vie et faire de leur habitat une véritable parenthèse de convivialité. 55 % d'entre eux pensent d'ailleurs qu'aménager et décorer son intérieur est la meilleure façon de dépenser son argent (source : l'observatoire Cetelem). Et les chiffres l'attestent.

Selon une étude Eurostaf, près de 6 millions d'euros ont été dépensés pour le seul poste décoration en 2008, soit environ 200 s par ménage. Ce sont les petits articles qui profitent le plus de cet intérêt croissant du public : lampe, luminaire, meubles d'appoint, vaisselles, bibelots ou encore bougies...

Face à la baisse de leur pouvoir d'achat, les Français préfèrent en effet modifier leur univers par petites touches. Une aubaine pour les commerces spécialisés en mesure de répondre aux désirs d'une clientèle avide de nouveauté et... d'exception.

Les bons atouts

face à la montée des chaînes et du développement des espaces de décoration dans la grande distribution, les indépendants doivent se démarquer. Créatrice et gérante du magasin la Maison de Pauline, installé à Bourgla- Reine en région parisienne, Michelle Robert souligne l'importance d'une identité visuelle forte. « Uniformiser son point de vente par une cohérence de produits permet de fédérer ses clients autour d'une ambiance.

Toute la décoration de la boutique est ainsi pensée selon un fil conducteur : la campagne chic. L'idée ? Insuffler un air de vacances dans nos intérieurs urbains. » Et ça marche ! Conquise par la sélection pointue et originale, la clientèle en redemande ! Pour Susana Pereira, responsable de l'Évidence, une boutique spécialisée dans les meubles indonésiens, « il faut proposer une offre suffisamment variée et réactive pour coller aux tendances mais aussi des objets de valeurs différentes de façon à favoriser les achats d'impulsion ».

Toutes deux insistent également sur la nécessité de se renouveler fréquemment. Pour y parvenir, changer la présentation de la vitrine et nouer des partenariats avec d'autres fournisseurs semble être la bonne formule. En plus des collections permanentes, l'Évidence enrichit son offre de quelques grandes marques déstockées. « La sélection diffère selon les arrivages. C'est un bon moyen d'entretenir la curiosité des habitués », explique la responsable. Les services autour de la décoration ont également la cote : restauration de meubles anciens ou défraîchis, confection de rideaux ou coussins...

La Maison de Pauline a ouvert ses portes à une professionnelle du design et propose, le temps de quelques ateliers, d'enseigner à des passionnés la subtile alchimie des matières et des couleurs.

À l'écoute

Aucune qualification n'est exigée pour ouvrir une boutique de décoration. Le titre et la profession de décorateur étalagiste ne sont en effet soumis à aucune réglementation officielle. Pourtant, mieux vaut faire montre de quelques qualités indispensables pour la pérennité de l'activité.

Patience, ténacité, bonne humeur et convivialité caractérisent en effet ce métier riche en contacts, où la personnalité joue un rôle de premier plan. « On ne vend pas seulement de quoi embellir la maison ,souligne Michelle Robert, mais tout un art de vivre ! » « Agencées et décorées par nos soins, les boutiques se transforment en véritables appartements ouverts à tous. Nous mettons les objets en scène afin de les présenter en situation ou sous un jour nouveau », confirme Susana Pereira qui ajoute que le rôle du commerçant ne se cantonne toutefois pas au choix des produits et à leur vente.

« Les clients s'attendent à un certain professionnalisme. Je dois être en mesure d'expliquer les caractéristiques techniques des meubles comme leur provenance. » Du coup, il n'est pas rare que des habitués demandent conseil pour agencer leur résidence principale... ou secondaire. Michelle Robert, pour sa part, s'est vue confier la décoration intérieure de quelques domiciles réginaborgiens. Le métier peut avoir une double facette !

Lieux de passage

Des qualités humaines certes indispensables mais qui ne font pas tout. De l'avis de nos professionnelles, l'emplacement du futur point de vente est également primordial. « Plus encore que dans les autres commerces, la clé de la réussite repose sur le choix d'une bonne adresse », rappelle Susana Pereira qui se félicite de l'ouverture prochaine d'un traiteur et d'un bureau de poste à quelques pas de la boutique.

Mieux vaut en effet privilégier la proximité de commerces, bureaux d'affaires, voire un patrimoine historique qui garantissent un flux piétonnier important, bref une artère animée, facile d'accès et surtout dotée de nombreuses places de stationnement. Un bémol toutefois, rappelle l'APCE (Agence pour la création d'entreprises), car il ne faut pas oublier que sur un emplacement n° 1, les loyers sont plutôt élevés !

Savoir s'entourer

Les aspects financiers et la nature du bail commercial réclament autant de précautions selon Michelle Robert qui conseille vivement de s'adjoindre les services d'un expert-comptable. L'idée est d'évaluer la faisabilité du projet, d'estimer les besoins ou de procéder à une analyse juridique.

N'hésitez pas à discuter de votre plan avec un maximum d'intervenants : la Chambre de commerce et d'industrie, le banquier ou même la mairie, rarement avare de conseils en la matière. Soyez vigilant sur la trésorerie. Ouvrir un tel commerce suppose d'avoir un stock de marchandises conséquent donc des fonds immobilisés. S'il dépend bien évidemment de la surface de vente et du type de produits concernés, il faut tout de même compter en moyenne plusieurs milliers d'euros. Enfin n'oubliez pas qu'une majeure partie du chiffre d'affaires (30 à 40 %) se fait sur novembre et décembre, à l'occasion des fêtes de fin d'année. Votre gestion devra prendre en considération cette logique d'affluence.

Pour vous aider : L'Agence pour la création d'entreprise (APCE) : 14, rue Delambre, 75014 Paris. Tél. : 01 42 18 58 58. Internet : www.apce.fr

La Fédération nationale de la décoration : 42, avenue Marceau, 75008 Paris. Tél. : 01 47 23 64 48. Internet : www.cgi-cf.com

L'Union nationale interprofessionnelle des métiers de l'ameublement et de la décoration (Unimad) : 10, rue du Débarcadère, 75017 Paris. Tél. : 01 40 55 14 75.

Le salon Maison et Objet, deux sessions par an (septembre et janvier), à Villepinte, pour un panorama des grandes tendances dans tous les domaines de la décoration.

A. Martinat © bureaux-commerces.com - 1 déc. 2009 - Contacter la rédaction

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