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Salons de thé : La diversité au menu !
Lieux de rendez-vous littéraire, feutrés et discrets au début du siècle, les
salons de thé ne sont désormais plus l’apanage d’une clientèle exclusivement
féminine. Si certains ont conservé une identité et une vocation culturelle, la
majorité a évolué, surfant sur la tendance cocooning de ces dernières années, en
proposant un lieu convivial et propice à la détente. Et s’il s’agit toujours de
se retrouver entre amis ou en famille autour d’un breuvage accompagné de
pâtisseries, on peut désormais s’y restaurer à l’heure du déjeuner, en piochant
dans une carte qui souvent met à l’honneur la qualité et la fraîcheur de ses
produits. Un positionnement qui ne doit rien au hasard, comme le rappelle
Colette Bretelle, gérante de la société de conseils, CB Conseils : « les
mentalités évoluent et les temps changent. En proposant un environnement plus
sécurisé, hygiénique et surtout moins enfumé, ces enseignes se substituent
tranquillement à nos cafés et bars traditionnels. Mais la concurrence reste
vive, et pour gagner en puissance, elles élargissent leurs activités, se
diversifi ent selon un thème précis ou mettent en place un ou plusieurs produits
d’appel ». Et la stratégie est manifestement payante ! La capitale compte
d’ailleurs bien plus de salons de thé que sa voisine d’outre-Manche, qui peut
pourtant s’enorgueillir d’avoir érigé en art de vivre le fameux tea time.
Certains sont de véritables institutions avec leur décor d’exception, d’autres
au contraire jouent la carte de la simplicité, mais tous répondent à une
nouvelle attente des Français en matière de consommation.
Diversifier son offre
Les salons de thé élargissent leur offre et accompagnent le client tout au long de la journée.
Tous créneaux confondus, les salons de thé misent donc sur la qualité, celle
des produits dont la fraîcheur et l’origine sont garanties, comme celle du
service. Une stratégie qui résulte de la forte concurrence bien sûr mais aussi
de l’exigence des consommateurs, toujours enclins à migrer vers plus de
nouveautés. Un paramètre que les entrepreneurs intègrent généralement dès le
début de l’aventure. « L’étude de marché est l’occasion d’une fi ne analyse de
la concurrence », rappelle Colette Bretelle. Car l’enjeu consiste, dans ce
secteur fortement concurrentiel, à déterminer précisément l’offre qui permettra
de se différencier. Produits d’épicerie fine, thés bien sûr, mais aussi miels,
sucreries, confi tures ou chocolats, les ventes additionnelles sont souvent
incontournables dans ce type de commerce. « Faire un appel par le biais d’une
marque connue est également un moyen d’apporter un trafi c plus important et
donc de vendre une prestation supplémentaire. » Et comme le note cette
professionnelle, les habitués ne peuvent constituer l’unique clientèle. Mais
encore faut-il trouver un concept qui attire de façon durable. Jouer la carte de
l’innovation ou de la tradition peut alors se révéler fructueux. « La
restauration à thème se porte bien », confi rme Sophie Chevillot, et les salons
de thé qui ont su saisir la tendance sont les grands gagnants de ces dernières
années.
Savoir s’entourer
Si le concept est décisif dans la réussite de votre affaire, l’emplacement est également un élément essentiel du succès.
Si le concept est décisif, dans la réussite de votre affaire, l’emplacement
est également primordial. Pour Colette Bretelle, « le choix de l’implantation de
l’entreprise est une condition indispensable à la pérennité du point de vente.
Il ne faut pas oublier qu’on achète un outil de travail. Mieux vaut privilégier
la proximité de commerces, bureaux d’affaires, voire d’un patrimoine historique
qui garantissent un flux piétonnier important, autant de clients potentiels y
compris le week-end ». Les lycéens ou commerçants, dont le temps est compté, ne
feront pas plusieurs kilomètres pour leur pause déjeuner, vigilance donc sur
l’environnement de son commerce. Mais pas seulement ! Les aspects financiers et
la nature du bail commercial réclament autant de précautions selon Colette
Bretelle qui conseille vivement de s’adjoindre les services d’un expert
comptable. L’idée est d’évaluer la faisabilité du projet, d’estimer les besoins
ou procéder à une analyse juridique. Même discours de vigilance de la part de
Sophie Chevillot, qui préconise de se tourner vers des organismes aptes à
conseiller les repreneurs. « La conformité en terme d’hygiène et de sécurité
doit absolument être contrôlée et validée par des sociétés agréées. » Et
d’ajouter : « si les bons choix sont faits, le salon attire la clientèle et
assure au gérant une bonne rentabilité, ce qui reste l’objectif premier de nos
demandeurs ».
Naissance d’un concept
L’endroit fl eure bon les goûters de notre enfance. Ici les madeleines à l’embonpoint appétissant
disputent la vedette aux clafoutis de saisons, tartes au citron et autres douceurs sucrées. Les
effl uves du café fraîchement moulu se mêlent à ceux du chocolat chaud et aux délicates notes
de thé. Depuis cinq ans, à Senlis, le salon de thé Feuilles et Grains satisfait avec la même régularité
une clientèle d’habitués conquis par les produits frais cuisinés sur place. Issu de l’hôtellerie,
ce jeune chef d’entreprise jouit aujourd’hui d’une excellente réputation. Mais s’il a réussi
à faire de son salon un lieu privilégié, il concède volontiers que fi déliser une clientèle demande
une attention et une exigence de tous les jours. L’établissement est ouvert sept jours sur sept, de
9 h 30 à 18 h 30. Christophe Bertagnolio, son dirigeant, a calqué son mode de fonctionnement
sur les attentes de sa clientèle et a élargi sa carte en proposant à l’heure du déjeuner des plats
à la consonance méditerranéenne. Mais la véritable innovation tient sans doute au concept
qui lui a permis de faire de son commerce un lieu si convivial. Car dans cette jolie boutique de
40 m2 avec un sous-sol d’une surface équivalente, le mobilier et la décoration s’achètent ! Mugs,
tasses, assiettes, théières composent non seulement un charmant tableau mais sont autant de
petits cadeaux de dernière minute. Un bon moyen d’attirer un surplus de clientèle et de doper
la rentabilité puisque les ventes d‘objets représentent tout de même 20 % du chiffre d’affaires
! « Séduire le client, c’est bien mais l’inciter à revenir c’est mieux. » Fort de cette maxime, notre
ambitieux chef ne s’est donc pas arrêté en si bon chemin et s’est adjoint les services d’une
grande marque de chocolats. « Avoir recours à un produit d’appel par le biais d’une grande
marque connue m’a permis d’augmenter la rentabilité d’environ 15 %. » Un exemple de créativité
et d’inventivité au service du client !
Gage de réussite
Pas de formation spécifique exigée pour se lancer dans l’activité. Tous les
professionnels s’accordent cependant sur la nécessité d’une période, aussi
courte soit-elle, pendant laquelle le futur chef d’entreprise pourra se
familiariser avec les différents postes clés de l’entreprise. Achats, vente,
comptabilité, gestion, la bonne tenue du commerce suppose en effet une certaine
polyvalence. « Les entrepreneurs qui réussissent sont ceux qui possèdent le
savoir-faire et savent calculer un prix de revient », analyse Colette Bretelle,
qui constate que les créateurs ayant pris le temps de se former sont plus de 80
% à passer le cap des cinq années d’existence. Gage de pérennité de
l’entreprise, la formation est aussi un gage de réussite !
« Le stage est d’ailleurs l’occasion d’insister sur le poste achat, une des
clés de voûte de l’entreprise, souligne Sophie Chevillot, les produits doivent
évidemment être achetés en quantité suffi sante et il faut éviter trop de
préparation à l’avance. » Quant aux thés ou aux cafés, l’idéal est de pouvoir
proposer un choix suffi samment varié pour le consommateur tout en préservant
une marge satisfaisante. Les vrais amateurs de thé ne sont pas légion, inutile
de se constituer un stock haut de gamme. Certaines gammes peuvent en effet
atteindre des prix exorbitants qui pourraient fortement grevés votre
rentabili...thé !
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