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Restauration rapide : La qualité au menu
Ce type de restauration séduit les consommateurs qui souhaitent réduire la pause déjeuner pour effectuer d’autres activités.
La restauration rapide est devenue incontournable dans les centres urbains.
Villes moyennes ou grandes agglomérations, aucune n’échappe à ce mode de
consommation qui a vu son chiffre d’affaires progresser de plus de 20 % entre
1998 et 2005 selon l’étude Xerfi consacrée à la restauration rapide parue en
juin 2006*. Sandwicheries, kebabs, pizzérias, l’offre est large. « Actuellement,
on voit fleurir des concepts de pâtes et de cuisine asiatique », note Dominique
Bénézet, délégué général du Syndicat national de l’alimentation et de la
restauration rapide (Snarr). « De nouvelles enseignes apparaissent également
dans le secteur du café comme Colombus Café et Starbucks. Le développement de la
restauration rapide répond à la demande de consommateurs devenus de plus en plus
zappeurs. Ces clients passent en effet d’un type de restauration à l’autre.
Autre phénomène expliquant l’essor de la restauration rapide : l’instauration
des 35 heures. La plage horaire du déjeuner a été raccourcie. Les salariés
prennent moins de temps pour se restaurer. » L’entrée en vigueur des 35 heures
n’a d’ailleurs fait qu’accentuer un phénomène qui s’enracine dans les
comportements des Français depuis plusieurs années. Ces derniers préfèrent faire
leurs courses ou s’adonner à des activités sportives. 15 % des repas étaient
pris hors du domicile en 2005, selon Xerfi , contre 9 % en 1980.
Les bonnes adresses :
Pour s’informer : www.snarr.fr
Pour se former : www.formations-pour-tous.com/
L’atout prix
Ce type de restauration qui représente un quart du marché séduit aussi les
consommateurs par son positionnement de prix moins élevés que celui de la
restauration traditionnelle. Un argument qui fait mouche auprès des
consommateurs dont le pouvoir d’achat a été rogné par l’envolée des prix
consécutive à l’arrivée de l’euro. « Les entreprises ont adapté leurs tarifs en
fonction de la valeur du Ticket-Restaurant », explique l’étude de Xerfi qui
rappelle que quelque 500 millions de Ticket-Restaurant sont émis chaque année.
Si le marché est plutôt favorable aux entrepreneurs qui souhaitent se lancer
dans cette activité, la concurrence est en revanche très vive. Outre les réseaux
de franchise comme Pomme de Pain ou la Brioche Dorée, d’autres entreprises sont
particulièrement actives. C’est le cas notamment des boulangeries qui
représentaient en 2005, selon Xerfi , 22 % des ventes en volume. « À l’image des
charcutiers, ce sont de sérieux concurrents pour la restauration rapide, analyse
Dominique Bénézet. Ils diversifi ent d’ailleurs leur offre en proposant
maintenant des bouteilles de vin. »
Un emplacement en or
Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous devez avant tout trouver
le bon emplacement. Une condition indispensable à la pérennité de votre point de
vente. Car comme le rappelle Dominique Bénézet : « à la différence d’un
restaurant gastronomique, la restauration rapide doit être proche de ses clients
». Il est en effet rare que ces derniers soient prêts à marcher un quart d’heure
pour acheter leur déjeuner. Il faut donc privilégier les quartiers de bureaux,
la proximité de lycées et collèges, les lieux de passage comme les gares qui
garantissent un fl ux piétonnier important, autant de clients potentiels. Vous
devrez aussi étudier la concurrence pour proposer l’offre permettant de vous
différencier. Votre valeur ajoutée sera d’autant plus importante que votre
secteur sera très concurrentiel. Quel que soit votre concept, vous jouerez la
carte de la qualité. « C’est un élément essentiel pour réussir, martèle le
délégué général du Snarr. Il faut offrir de la qualité à nos clients et
renouveler régulièrement l’offre. Le consommateur zappeur reviendra dans le
point de vente s’il trouve de nouveaux produits. Sinon, il se lassera et
partira. »
Un savoir-faire indispensable
Autre clé du succès : les compétences professionnelles. Indispensables, elles
ne sont pas obligatoires, aucun diplôme n’étant exigé pour ouvrir un restaurant.
« Je suis sidéré de voir des personnes en recherche d’emploi qui veulent ouvrir
un restaurant sans avoir aucune connaissances en cuisine, rappelle Dominique
Bénézet. Il faut pourtant être familiarisé avec les normes d’hygiène et les
produits alimentaires. Les entrepreneurs qui réussissent sont ceux qui possèdent
le savoirfaire et savent calculer un prix de revient. » Cuisinier talentueux, le
chef d’entreprise doit être en effet bon gestionnaire. Les salaires et l’achat
des produits sont deux postes clés pour l’entreprise. « Il faut avoir à l’esprit
que 80 % du chiffre d’affaires se réalise entre 12 et 14 heures et de 19 heures
à 21 heures, précise ce professionnel. On ne peut pas employer une personne à
plein temps. Il faut opter pour un CDI à temps partiel. Il faut être aussi très
vigilant sur le poste achat. Les produits doivent être achetés en quantité suffi
sante. De même, il ne faut pas fabriquer trop de préparation. » La formation est
donc essentielle pour ceux qui souhaitent se lancer dans cette activité très
exigeante, un gage de réussite ! Xerfi réalise des études sectorielles dans de
nombreux domaines de l’économie. Xerfi , 13-15, rue de Calais, 75009 Paris. Site
internet :
www.xerfi.com
« On a créé une marque » Un menu
équilibré à plus de 500 calories, un menu light à moins de 400 calories. Chez
Eat me, un restaurant installé rue Léopold-Bellan à Paris (IIe), on peut
concilier saveur des aliments et souci de sa ligne. C’est en effet le credo
suivi par Valérie Bagros qui a ouvert ce restaurant en juin 2005 : « C’était
difficile de trouver un type de restauration permettant de préserver sa santé
», explique ce chef d’entreprise qui a décidé de vendre son agence de
marketing opérationnel pour créer cette entreprise. « Ce type de
restauration est une niche aujourd’hui mais sans doute pas demain. C’est un
créneau passionnant .» Souhaitant créer une marque, elle a fait réaliser
une étude de marché à Paris car elle voulait s’implanter dans le VIIIe
arrondissement. Elle a contacté un nutritionniste pour l’élaboration des repas.
« Dès que l’on travaille sur l’équilibre alimentaire, il faut avoir des
cautions pour être crédible. » Pierre Azam, nutritionniste endocrinologue,
accepte. Forte de son carnet d’adresses, elle convainc de la rejoindre Didier
Oudill et Edgar Duhr, deux chefs chevronnés. Commence la chasse à l’emplacement
dans le VIIIe arrondissement parisien. Elle jette son dévolu sur un ancien show-
room, rue Léopold-Bellan. Si les banques sont séduites par son dossier, elles
lui déconseillent cet emplacement qui, selon elles, ne générera pas un trafic
suffisant. Valérie Bagros poursuit sa quête. Elle achètera finalement ce local
après huit mois de recherches car le projet était bloqué sans l’acquisition
d’une boutique. « Mais ce n’est pas un emplacement numéro 1, constate-t-
elle. L’idéal aurait été la rue Montorgueil. » Si les clients ne sont pas
aussi nombreux qu’elle l’escomptait, Eat me est tout sauf un échec. Le groupe
Barrière qui possède des casinos a contacté Valérie Bagros pour ouvrir un
restaurant dans son établissement d’Enghien. Eat me qui recherche d’autres
emplacements pour s’agrandir a assuré avec succès la restauration du salon
professionnel Prêtà-Porter®. « Nous avons pris un risque mais nous existons
», rappelle cette femme tenace qui s’est autofi nancée. « C’est une
réalité économique. Nous avons créé une marque dans la restauration rapide haut
de gamme. »
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