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Personnes âgées, des services humanisés
Vieillir à la maison est un luxe que les Français comptent bien s’offrir grâce au développement des services à la personne.
La population vieillit. L’espérance de vie s’allonge. Une évolution
inéluctable qui pousse l’ensemble de la société française à s’interroger. Comment accompagner les personnes âgées qui souhaitent rester chez elles ?
Comment retarder au maximum l’entrée en maison de retraite ? Loin d’être tous
dépendants, les soixante ans et plus aspirent à vieillir dans un cadre familier
et dans un environnement rassurant : leur maison. Il leur suffit parfois d’un
simple coup de pouce pour maintenir une vie « normale » à domicile, une petite
aide apportée pour beaucoup par le développement des services à la personne.
De belles perspectives
Le secteur des services à la personne est en pleine expansion avec un taux de
croissance de plus de 5 % par an ! Qui dit mieux ? Et le plan Borloo y est pour
beaucoup. En effet, il y a quelques années, le secteur était assez hétérogène et
très émietté ; il regroupait de petits acteurs, des particuliers et un grand
nombre d’associations, mais très peu de grandes entreprises. Une réunion
s’impose. En 2004, tous les acteurs concernés se retrouvent et commencent à
travailler ensemble. Le constat est sans appel : les services sont trop chers,
les démarches trop compliquées et l’attractivité des métiers très faible. Depuis
plus d’un an, la donne a changé et les services à la personne sont devenus plus
accessibles : moins chers et plus simples. « On assiste depuis à une explosion
de l’offre, et on est passé de cinq mille à onze mille structures agréées (voir
l’encadré), soit une création de onze mille nouveaux emplois », explique Bruno
Arbouet, directeur général de l’Agence nationale des services à la personne
(ANSP). L’occasion pour certains de créer leur entreprise. C’est le cas d’Éric
Gonzalez-Francomme qui a pris conscience du manque d’assistance dont souffrent
les personnes âgées. C’était en 2003, et comme beaucoup de Français, la canicule
lui a ouvert les yeux. Depuis un peu plus de quatre mois, sa société baptisée
Mesanges propose des services et un système de téléassistance à domicile. « On
travaille beaucoup sur l’écoute, explique le jeune chef d’entreprise, et on
adapte l’offre au fur et à mesure des besoins, sans imposer de nouvelles idées,
car il ne faut pas bousculer les habitudes des personnes âgées. » Dans ce
secteur très particulier, et peu attractif au premier abord, beaucoup de
créations d’entreprises commencent par une prise de conscience. « Ils ont dans
leur entourage des personnes âgées et ils ne trouvent pas les services d’aide
adéquats », explique Noël Collin, chargé de mission pour le réseau des Boutiques
de Gestion, « et c’est de ce constat personnel que naît l’idée de créer sa
propre entreprise ».
Une offre qui s’étoffe
Les petits travaux de jardinage font partie des nombreux services proposés.
Les besoins des personnes âgées qui souhaitent rester chez elles le plus
longtemps possible sont nombreux et les services à la personne se développent
donc de plus en plus afi n d’y répondre. Assistance informatique, gardes-
malades, soins esthétiques, promenades d’animaux domestiques, aide à la mobilité
et au transport, accompagnement des actes de la vie quotidienne, travaux
ménagers, collecte et livraison du linge, petits travaux de jardinage et de
bricolage, préparation ou livraison des repas, surveillance des résidences,
livraison des courses… La liste ne cesse de s’allonger ! Reste à organiser cette
offre. Aujourd’hui, les conditions de travail ne sont pas satisfaisantes :
horaires de nuit, temps partiels, rémunérations basses, pas de véritable statut…
Pour y remédier, un seul mot d’ordre : la professionnalisation du secteur. Et
pour mener à bien cette mission, il faut aussi renforcer l’attractivité de ces
métiers et élaborer des filières de formation cohérentes, connues et reconnues.
Aujourd’hui, l’offre est essentiellement supportée par les réseaux associatifs.
« Si l’on veut accroître la qualité de ces services, il faut de nouveaux
entrants : les entreprises, explique Bruno Arbouet, et nous devons travailler
sur la formation, sur le salaire et les garanties attachées au statut. »
Des qualités humaines indispensables
Les services à la personnes reposent sur un rapport de confi ance et c’est
encore plus vrai lorsque l’on s’occupe d’une personne âgée. « Pour réussir, il
faut avoir une certaine sensibilité, explique Éric Gonzalez- Francomme, car on
travaille avec de l’humain, des gens qui ont du vécu, et bien sûr il faut avoir
envie d’aider son prochain. » Des métiers basés sur l’écoute, la patience et
l’attention. « Ce sont de beaux projets créateurs d’emplois, eux-mêmes créateurs
de lien social, explique Bruno Arbouet, et un bel exemple d’entraide
intergénérationnelle. »
L’agrément, comment ça marche ?
Des avantages : si votre entreprise est agréée, vous pourrez bénéfi cier
d’un allègement total des charges patronales, dans la limite d’un Smic brut.
Un bon coup de pouce, surtout lorsque l’on démarre. Vos clients seront eux
aussi gagnants, car ils pourront payer les prestations en Cesu (Chèque
emploi service universel), profi ter d’une TVA à 5,5 % et jouir d’une
réduction d’impôt (50 % des sommes versées).
Comment l’obtenir ?
L’agrément est délivré par le préfet. Vous devez retirer votre dossier de
demande auprès de la Direction départementale du travail, de l’emploi, et de
la formation professionnelle (du département du siège social de votre
entreprise).
Simple ou de qualité ? Lorsque les services proposés
sont dits « tout public », un agrément simple suffi t. En revanche,
lorsqu’ils s’exercent auprès d’un public dit « sensible », comme c’est le
cas pour les personnes âgées de soixante ans et plus, il faut obtenir un
agrément dit « de qualité ». Il est valable pendant cinq ans et sur
l’ensemble du territoire. Toutefois, vous devrez envoyer chaque année un
rapport qualitatif et quantitatif de vos activités.
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