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Stimuler par la qualité
© CCIV
L'amabilité, la disponibilité et les conseils professionnels du commerçant sont passés au crible, pour tendre vers une qualité de service irréprochable.
Comment s'adapter à l'évolution de la clientèle ? Comment répondre à ses
attentes ? Et comment la fidéliser ? Par la qualité ! C'est pourquoi certains
ont développé un dispositif, appelé Charte Qualité, véritable baromètre de
satisfaction des clients. Le but est de développer l'attractivité des commerces
grâce à un accueil personnalisé, une écoute attentive et des conseils
appropriés, tout en valorisant les commerçants qui oeuvrent dans ce sens par un
signe distinctif, reconnaissable des consommateurs. « Cette démarche permet à
chaque commerçant de faire un audit de son accueil », explique Damaris Miller,
responsable de projet et de développement de l'offre commerce à la CCI de
Versailles Val-d'Oise/Yvelines, « puis de progresser, de motiver ses salariés et
enfin de communiquer sur le niveau de qualité atteint ». Bref, leur permettre
de s'inscrire dans une démarche de progrès et redynamiser le commerce de
proximité dans son ensemble.
L'objectif est d'accroître et d'améliorer le niveau des services apportés à
la clientèle, afin de satisfaire et de fidéliser le client. Mais c'est aussi
et surtout un moyen de communiquer et de se faire connaître. En effet, les
commerces indépendants n'ont pas la même visibilité, ni les mêmes moyens
d'action que le commerce dit « organisé » comme les enseignes développées en
partenariat ou en franchise. « Il y a le savoir-faire et le faire savoir,
explique Damaris Miller, et c'est dans cette optique que nous mettons à
contribution les villes avec l'organisation de cérémonies locales, ainsi qu'un
plan de communication grand public destiné à sensibiliser et à orienter le
consommateur. » Un moyen de créer et de conserver une dynamique du commerce de
proximité, tout en réaffi rmant ses différences et sa richesse.
Trois notions clés
La Charte Qualité permet aux commerçants de se doter d'un référentiel
concret, visant à cerner les points forts et les points faibles de l'entreprise
en matière d'accueil, d'écoute et de conseil. Trois points clés étudiés à la
loupe et déclinés à travers quatre-vingt-trois critères de référence. De
l'accueil téléphonique au relationnel, en passant par l'intérieur et l'extérieur
du point de vente, tout y passe ! L'amabilité du commerçant est évidemment
indispensable, mais pas seulement… Il doit donner des conseils de professionnels
à ses clients, et ne pas s'offusquer des remarques ou du refus d'acheter de ces
derniers. Le magasin doit être propre et agréable, la vitrine attractive, les
horaires d'ouverture affichés et… respectés ! « C'est un véritable guide des
bonnes pratiques », résume Damaris Miller.
Un peu d'histoire : C'est en Charente-Maritime que
l'idée de cette Charte Qualité voit le jour en 1997 sous l'impulsion d'un groupe
de commerçants et de consommateurs, avant de s'étendre à l'ensemble de la région
deux ans plus tard. Aujourd'hui, trente-six CCI (chambres de commerce et
d'industrie) et sept chambres de métier ont mis en place cette opération, et
plus de cinq mille cinq cents entreprises se sont engagées au moins une fois
dans cette démarche qualité. Certaines régions, comme la Picardie, ont décidé
d'aller encore plus loin en organisant des formations sur l'accueil (physique et
téléphonique) et sur l'aménagement du point de vente pour les commerçants qui le
désirent. Ils sont suivis par les conseillers de la CCI qui viennent valider les
acquis et/ou leur proposer l'intervention d'un cabinet spécialisé. Sûrement la
meilleure façon de se préparer et de progresser.
Comment ça marche ?
La Charte Qualité repose sur une démarche volontaire des commerçants qui
souhaitent l'obtenir. Mais comment est-elle accordée ? Un cabinet spécialisé et
indépendant évalue l'entreprise grâce à la technique du « client mystère » et à
partir des référentiels de la charte. La première étape concerne la qualité de
l'accueil téléphonique. Le « faux client » passe deux appels pendant les heures
d'ouverture du magasin testé. En fonction des réponses apportées et du
comportement du commerçant, l'enquêteur donne une note et consigne ses
observations. « Le commerçant doit, par exemple, dire bonjour, précise Damaris
Miller, mentionner le nom du magasin, et avoir le sourire dans la voix, terminer
sa conversation en disant au revoir et si possible en ajoutant une phrase
complémentaire (comme bonne journée). » La deuxième étape s'effectue sur place,
au magasin. Le client mystère inspecte d'abord l'extérieur : la propreté du
trottoir, de la façade et de l'enseigne, l'affichage et la lisibilité des
horaires sur la porte… Une attention toute particulière est portée à la vitrine.
La même étude minutieuse est ensuite menée à l'intérieur de la boutique, et là
encore rien n'est oublié : du tapis d'entrée à l'éclairage, du fond sonore à la
température ambiante, de la propreté du sol à la décoration ! Enfi n, le client
mystère teste de nouveau l'accueil et les capacités relationnelles du
commerçant, selon un scénario prédéfi ni. À l'issue de cette enquête, un rapport
individuel est remis au commerçant. « Pour certains c'est un choc, explique
Damaris Miller, car on croit toujours bien faire et certains sont déçus par les
résultats, mais pour la plupart c'est surtout le moyen de faire le point sur ce
qui va et d'améliorer ce qui ne va pas. » La Charte Qualité est accordée pour un
an et doit être renouvelée chaque année. Un gage de qualité pour tous. Pensez-
y.
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