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Les réseaux d'accompagnement

Mon projet tient-il la route ? Quelles démarches effectuer ? À qui m'adresser ? Des interrogations et des doutes que connaissent tous les créateurs d'entreprise. Heureusement des réseaux d'accompagnement existent. Pensez-y !

Plus d'un Français sur deux a envie de se mettre à son compte. Mais quels sont les ingrédients indispensables pour réussir ? S'entourer de conseils à chaque étape de la création ! Famille et amis peuvent, dans un premier temps, aider le futur entrepreneur à concrétiser une idée.

Mais dès lors que celle-ci est en passe de devenir réalité, mieux vaut se tourner vers des personnes compétentes en matière de création d'entreprise. C'est le cas de nombreux réseaux d'accompagnement comme les Boutiques de gestion, les plate-formes locales de France Initiative ou encore le réseau Entreprendre en France, des Chambres de commerce et d'industrie.

Leur moyen d'action ? Un suivi personnalisé, des compétences accrues et des conseils adaptés. Et ça marche ! Le taux de pérennisation des sociétés est bien plus élevé lorsqu'elles sont accompagnées. Alors pourquoi trente mille entreprises seulement ont-elles fait appel à un réseau sur deux cent trente mille créations ? Mettez toutes les chances de votre côté et contactez un conseiller.

Une étape indispensable... et non négociable ! « Un projet bien accompagné est un projet réussi, insiste Frédéric Caméo Ponz, président du réseau des Boutiques de gestion, surtout que nous aidons les créateurs d'entreprise sans tomber dans l'assistanat. »

De l'idée à la création

À l'origine de chaque société, il y a un homme et une idée. Mais même si c'est un bon début, cela ne suffit pas. « Notre but est d'aider les créateurs à transformer leur idée en projet, et leur projet en entreprise », explique Sandrine Wehrli, déléguée générale du réseau CCI-Entreprendre en France. Car, avant de se lancer, il convient de se poser les bonnes questions : si le concept est particulièrement novateur, sera-t-il facilement accepté par les clients potentiels ? À l'inverse, si l'idée est banale, est-elle réellement utile et rencontrera-t-elle son public ?

« Le mieux est de venir nous voir le plus tôt possible, précise Frédéric Caméo Ponz, même lorsqu'il ne s'agit encore que d'une simple idée. » Une anticipation nécessaire pour vérifier la cohérence et la viabilité du projet.

Les réseaux d'accompagnement, forts de leur expérience, offrent alors des conseils objectifs. « Que les porteurs de projet poussent la porte du réseau CCI-Entreprendre en France ou celle d'un autre réseau n'a pas d'importance, note Sandrine Wehrli, mais il est absolument nécessaire de se faire accompagner. »

Etude du projet

Auto-évaluation, étude de marché, business plan, statut juridique, aides financières, formalités d'inscription et d'immatriculation, gestion, comptabilité... Par où commencer ? « Le premier rendez-vous permet d'évaluer à quel stade de la réflexion se trouve le porteur de projet, explique Frédéric Caméo Ponz, et d'élaborer à partir de ce constat un plan de travail. »

À commencer par vérifier la cohérence du projet professionnel avec le projet personnel, car il s'agit aussi d'un changement de mode de vie. Créer sa structure, c'est devenir son propre patron, travailler plus et gagner très certainement moins d'argent (au début). Mais c'est aussi l'éventualité d'échouer ou de regretter son ancienne situation, et de faire subir à sa famille les répercussions de sa décision.

Il vaut donc mieux être soutenu par son conjoint quand on se lance dans cette aventure, car la création d'entreprise s'accompagne souvent d'incertitudes, tant d'un point de vue moral, que financier.

La famille répond présente ? Reste à déterminer de quoi vous êtes capable. Comme le succès d'une entreprise dépend de celui qui la porte, tout futur créateur doit évaluer ses atouts et ses faiblesses, ses compétences et ses lacunes. Une démarche difficile à effectuer seul ! Là encore les conseillers des différents réseaux vous aideront à réaliser un bilan personnel de façon très objective.

Enfin, vous pourrez être informé des différents moyens de financement existants ainsi que des aides auxquelles vous pouvez prétendre. Le réseau France Initiative intervient d'ailleurs à ce moment là : « les créateurs poussent notre porte lorsqu'ils ont besoin d'argent, explique Anne Chatauret, déléguée générale de FI, et c'est une étape cruciale car bien souvent ils minimisent leurs besoins ».

Le prêt d'honneur qui peut être accordé au porteur de projet lui permet de renforcer ses fonds propres. Cet apport, couplé à l'accompagnement assuré par France Initiative, rend les banques plus confiantes (86 % des entreprises sont toujours en activité après trois ans d'existence) et facilite l'accès au système bancaire.

Formation en gestion et management

Après le conseil, place à la formation ! « Nous proposons à nos futurs créateurs une première demi-journée d'information collective, explique Sandrine Wehrli, puis une formation de cinq jours, pendant laquelle ils apprennent à devenir un vrai «homme orchestre» ».

Des cours qui apparaissent indispensables, surtout lorsque l'on sait que près de 40 % (2) des petits patrons et artisans avouent avoir des connaissances inexistantes en matière de gestion et de management, ou incomplètes pour plus de 47 % d'entre eux. « 60 % des Boutiques de gestion proposent directement des formations sur un à deux mois, précise Frédéric Caméo Ponz, portant principalement sur les démarches de la création, l'étude de marché, la prospection, la gestion de l'entreprise, l'emploi... Car le conseil c'est bien, mais la formation c'est mieux si l'on veut avoir un recul suffisant et une vue plus globale. »

France Initiative propose quant à lui, à environ 30 % de ses créateurs de projet, un parrain, un entrepreneur expérimenté qui lui offre son soutien, l'aide à trouver des solutions, et lui fait profiter de son carnet d'adresses. Une bonne manière d'apprendre son métier : chef d'entreprise.

Suivi de l'entreprise après sa création

La plupart des réseaux d'accompagnement assurent également un suivi post-création. « Les premiers mois d'activité sont essentiels, explique Frédéric Caméo Ponz, car c'est à ce moment là que l'on va comparer la comptabilité réelle avec le prévisionnel, et réajuster le tir s'il le faut. »

Les Boutiques de gestion suivent généralement leurs porteurs de projet de un à trois ans. De leur côté, les CCI accompagnent les sociétés tout au long de leur vie : « après la mise sur les rails effective de l'entreprise, précise Sandrine Wehrli, un conseiller spécialisé prend le relais et devient l'interlocuteur privilégié du nouveau patron ».

Autre piste à creuser : les clubs de créateurs. En pratique, un chef d'entreprise est seul pour prendre les décisions qui s'imposent en terme d'investissement, de stratégie commerciale, d'embauche... Comment peut-il être sûr de faire le bon choix ? En demandant le conseil de patrons plus chevronnés qui ont déjà traversé ces épreuves, et qui pourront aider le jeune créateur à se poser les bonnes questions au sein d'un club pour discuter, échanger et faciliter le partage d'expériences. À Frédéric Caméo Ponz de conclure : « on ne bricole pas un projet de création, on le construit ». Alors pensez-y !

M. Honore © bureaux-commerces.com - 1 févr. 2008 - Contacter la rédaction

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