Acheter un fonds de commerce
L’achat d’un fonds de commerce ne s’improvise pas. Le matériel, l’état du
local, le bail… Tout doit être passé au crible. Pour simplifier la transaction,
faites-vous aider par un expert-comptable ou un avocat spécialisé dans le droit
des affaires. Rompus à la jurisprudence et fins connaisseurs des textes de loi,
ils vous éviteront bien des écueils.
Choisir le statut de l'entreprise
En achetant un fonds de commerce, vous devenez entrepreneur et devez donc choisir le statut sous lequel vous
allez exercer. Les deux principaux critères qui déterminent le choix du statut de l'entreprise sont :
- Le nombre d'associés : Selon que vous créez votre entreprise seul ou avec des associés, vous ne choisissez les mêmes formes.
- La protection du patrimoine personnel : Vous pouvez être responsable indéfiniment des éventuelles dettes de l'entreprise, ou bien limiter cette responsabilité à votre apport.
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Responsabilité illimitée |
Responsabilité limitée aux apports |
| Entreprendre seul |
Entreprise individuelle |
EURL |
| S'associer |
SNC |
SARL |
Pour avoir plus d'informations sur les statuts juridiques,
consultez notre fiche juridique Les statuts juridiques.
Examiner le fonds de commerce
L'acte de vente d’un fonds de commerce est tenu d'énoncer quatre mentions obligatoires.
L'origine de la propriété du fonds.
Vous devez connaître le nom
du précédent vendeur, la date et la nature de l'acte d'acquisition.
Informations financières
Vous devez connaître les chiffres d'affaires et les bénéfices
réalisés au cours des trois dernières années d'exploitation.
Ces documents sont donnés par le vendeur. Ils permettent de mieux connaître
les charges d’exploitation de l’entreprise comme la masse salariale. Une
information qui situe l’entreprise par rapport à son secteur professionnel.
Meubles, matériels... Un inventaire devra être annexé à l’acte de vente du
fonds. Examinez attentivement chaque élément afin de prévoir d'éventuels achats.
D'autre part, retrouvez les différents contrats passés avec des fournisseurs.
Ils vous permettront de prévoir des charges d'exploitation.
Les salariés sont
indissociables du fonds de commerce. Les contrats sont automatiquement
transférés à l’acquéreur, ce qui peut poser problème, car il arrive que le
nouveau propriétaire ne souhaite pas conserver l’ensemble du personnel.
Important ! Pour connaître vos droits et vos devoirs,
contactez les chambres de commerce et d’industrie. Elles organisent des
formations destinées aux repreneurs. Faites-vous également aider par des
experts-comptables et des avocats spécialisés en droit commercial.
L'état des inscriptions grevant le fonds (privilèges ou nantissement)
Pour que la transaction puisse avoir lieu, il faut lever l’état des
inscriptions et nantissement du fonds de commerce auprès du registre du tribunal
de commerce. Concrètement, il faut savoir si des garanties ont été prises sur le
fonds par divers créanciers. En général, il est grevé de nantissement pris au
profit des banques qui ont financé l’acquisition de l’entreprise. La plupart du
temps, cela ne pose pas de problème pour obtenir la mainlevée de ces
inscriptions.
Soyez prudent si l’état de nantissement révèle des inscriptions émanant du
Trésor public ou de la Sécurité sociale. Il faut alors se méfier de la situation
financière du vendeur qui peut être en état de cessation de paiement. Il y a des
risques pour l’acquéreur à signer dans ces conditions. Si le vendeur se trouve
en redressement ou en liquidation judiciaire, il n’a plus aucun pouvoir de
gestion et ne peut pas vendre son fonds de commerce.
Les conditions du bail
Date, durée, coordonnées complètes du bailleur… Le bail doit être lu de la
première à la dernière ligne. Pour avoir le droit de le renouveler, le fonds de
commerce doit être exploité depuis au moins trois ans. Il ne faut donc pas
reprendre un bail ayant une durée inférieure. L’idéal étant de négocier un
nouveau bail, ce qui assure une bonne visibilité sur l’exploitation et le
montant des loyers.
Soyez attentif à la destination du local. Les baux acceptant tous les
commerces se font de plus en plus rares.
Le futur propriétaire devra être aussi vigilant sur les charges locatives.
Les bailleurs ont d’ailleurs tendance depuis quelques années à transférer au
locataire des charges qui devraient leur incomber comme des travaux de
ravalement. Un transfert de charges qui ne se traduit pas par des loyers
inférieurs pour le locataire.
Le prix du fonds de commerce
Le diagnostic de l’entreprise terminé, vous pourrez alors fixer le prix du
fonds de commerce. Différentes méthodes d’évaluation sont utilisées. Le barème
de l’administration fiscale évaluant le prix des commerces selon un pourcentage
du chiffre d’affaires est souvent utilisé. Mais ce dernier doit être complété
par le résultat généré par l’entreprise. Le cash flow actualisé sur trois ans
sera aussi examiné. Un critère déterminant car le cash flow permet de payer les
échéances de l’emprunt.
Le financement
Lors de votre demande de prêt, les banquiers examinent votre parcours
professionnel. Ils vérifient l’adéquation entre vos compétences et votre future
activité commerciale.
L’état de l’entreprise, les comptes d’exploitation prévisionnels sont étudiés
pour évaluer la progression de votre activité et les charges qui vous
incomberont.
Les exigences des banques :
- un apport personnel représentant 20 à 30 % de l’investissement total.
L’absence de fonds propres sera rédhibitoire. Dans un tel cas, mieux vaut
solliciter un prêt d’honneur auprès d'organismes spécialisés ;
- une durée de prêt équivalente à la durée d’amortissement du bien financé ;
- un remboursement annuel équivalant à la moitié de la capacité d’autofinancement de l’entreprise.
Les frais de cession
Ils dépendent du montant de la cession. Car le taux d’imposition diffère selon la fraction du prix.
Transaction inférieure à 23 000 € :
Elle est exonérée de taxes. Elle ne donne lieu qu’au paiement du minimum de perception de 15 euros.
Transaction supérieure à 23 000 € :
La fraction du prix supérieure à 23 000 euros est imposée au taux de 5,00% (taux
applicable depuis le 1er janvier 2006). Notez que les frais sont à la charge de
l’acquéreur.
Exemple :
Pour un fonds de commerce d’une valeur de 100 000 euros, l’acquéreur doit
acquitter des droits de mutation qui s’élèvent à (100 000 – 23 000) x 5,00% = 3
850 euros.
A noter : ces droits concernent toutes les transactions commerciales (cession
de fonds de commerce et de droit au bail). Les ventes de murs commerciaux et
professionnels sont en revanche soumis à une taxe de 5,09% (taux applicable
depuis le 1er janvier 2006).
Enfin, il est nécessaire d’ajouter à ces droits les émoluments notariés
obligatoires lors d’une vente de murs (environ 1% du prix) mais facultatifs pour
les cession de fonds de commerce et de droit au bail, celles-ci pouvant être
réalisées sous seing privé.
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